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Reglementation

Les charges récupérables sur le locataire

C'est le poste où les cabinets perdent le plus d'argent sans s'en apercevoir, parce que l'erreur est invisible jusqu'à la contestation — et que le locataire dispose de trois ans pour la soulever, souvent bien après son départ.

Réponse directe

Quelles charges le bailleur peut-il récupérer sur le locataire ?

Seules les charges figurant sur la liste du décret n° 87-713 du 26 août 1987 peuvent être récupérées sur le locataire. Cette liste est limitative : une dépense qui n'y figure pas n'est pas récupérable, quelle que soit la rédaction du bail. La logique du texte est constante — le locataire supporte la consommation, l'entretien courant et les menues réparations des équipements dont il profite ; le bailleur supporte l'investissement, le gros entretien et le remplacement.

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Une liste limitative, et ce que cela implique

Le décret n° 87-713 du 26 août 1987 fixe la liste des charges récupérables. Le mot important est limitative : ce qui n'y figure pas ne se récupère pas, et aucune clause du bail ne peut y déroger. Un bail qui prévoirait la récupération d'une dépense hors liste comporte une clause réputée non écrite.

C'est ce point que les gestionnaires appliquent le mieux en théorie et le plus mal en pratique. Personne ne récupère volontairement une dépense interdite ; l'erreur vient de la reprise, telle quelle, d'un appel de charges de copropriété qui mélange des postes récupérables et des postes qui ne le sont pas.

La logique du texte est pourtant simple et permet de trancher la plupart des cas sans consulter la liste. Le locataire supporte ce qui relève de l'usage : la consommation, l'entretien courant, les menues réparations des équipements dont il profite. Le bailleur supporte ce qui relève du patrimoine : l'investissement, le gros entretien, le remplacement.

La frontière, poste par poste

Le tableau ci-dessous applique cette logique aux postes qui reviennent le plus souvent dans un décompte de charges d'immeuble collectif.

PosteRécupérable sur le locataireÀ la charge du bailleur
Chauffage collectifCombustible, exploitation, entretien courantRemplacement de la chaudière, réfection du réseau
Eau chaude collectiveConsommation, entretien courant de la productionRemplacement du ballon ou de l'échangeur
AscenseurÉlectricité, entretien courant, menues réparationsRemplacement des câbles, mise aux normes, gros entretien
Parties communesÉlectricité, produits, entretien courantRéfection des peintures, remplacement des revêtements
Espaces vertsEntretien courant, arrosage, tailleRemplacement des végétaux d'ornement, réfection des allées
GardiennageFraction de la rémunération selon les tâches assuréesPart correspondant aux tâches non récupérables
Ordures ménagèresTaxe d'enlèvement des ordures ménagèresTaxe foncière
Honoraires de syndicRienLa totalité : jamais récupérable

Le cas du gardien, le plus mal traité

La rémunération d'un gardien ou d'un concierge n'est récupérable qu'en partie, et la fraction dépend des tâches qu'il assure réellement. Le décret pose deux quotités : 75 % lorsque l'employé assure cumulativement l'entretien des parties communes et l'élimination des déchets, 40 % lorsqu'il n'assure que l'une des deux.

S'il n'assure ni l'une ni l'autre — un gardien uniquement chargé de la surveillance et de l'accueil — sa rémunération n'est pas récupérable du tout.

L'erreur classique consiste à reprendre le pourcentage voté par la copropriété sans vérifier la réalité des tâches, ou à conserver un pourcentage devenu faux après une réorganisation du service. Sur un immeuble avec gardien, ce poste représente souvent la première ligne du décompte : une erreur de quotité s'y chiffre en centaines d'euros par an et par lot.

La régularisation annuelle et ses justificatifs

Les charges sont généralement appelées par provisions mensuelles, régularisées une fois par an. La régularisation n'est pas une formalité : elle est encadrée, et son irrégularité ouvre au locataire un droit de contestation étendu.

Un mois avant la régularisation, le bailleur doit communiquer au locataire le décompte par nature de charges et, en immeuble collectif, le mode de répartition entre les locataires. Les pièces justificatives doivent être tenues à sa disposition pendant six mois à compter de l'envoi du décompte.

Deux délais méritent d'être connus. Le locataire dispose de trois ans pour contester une régularisation, ce qui signifie qu'une pratique irrégulière reste ouverte longtemps après son départ. Et le bailleur dispose du même délai pour réclamer un arriéré de charges : au-delà, sa créance est prescrite.

  • Un décompte par nature de charges, communiqué un mois avant la régularisation
  • Le mode de répartition entre les locataires, en immeuble collectif
  • Les pièces justificatives tenues à disposition pendant six mois
  • La distinction claire entre les postes récupérables et ceux qui ne le sont pas
  • Pour un gardien, la quotité appliquée et les tâches qui la justifient
  • Les relevés de compteurs individuels lorsqu'ils existent, plutôt qu'une répartition forfaitaire

Le lien avec l'état des lieux et le solde de tout compte

À la sortie d'un locataire, la régularisation des charges se heurte à un problème de calendrier. En copropriété, le montant définitif dépend de l'arrêté annuel des comptes de l'immeuble, souvent voté plusieurs mois après le départ.

L'article 22 de la loi du 6 juillet 1989 organise cette situation : le bailleur établit un arrêté provisoire des comptes et peut, lorsque cela est dûment justifié, conserver une provision qui ne peut excéder 20 % du dépôt de garantie. Le solde est régularisé dans le mois suivant l'approbation définitive des comptes.

Deux erreurs sont fréquentes. Traiter cette provision comme un forfait acquis, alors qu'elle doit être justifiée et le solde restitué. Et retenir la totalité du dépôt en attendant les comptes : la provision porte sur 20 % au maximum, le reste doit être restitué dans le délai normal d'un ou deux mois, sous peine de la majoration de 10 % du loyer par mois de retard.

C'est aussi pourquoi les relevés de compteurs de l'état des lieux comptent autant. Sans index correctement relevés et rattachés au logement par leur numéro, la régularisation ne peut pas être arrêtée, le solde reste ouvert, et le délai de restitution court quand même.

Situation à la sortieCe que le bailleur peut faireLimite
Comptes de copropriété non arrêtésConserver une provision dûment justifiée20 % du dépôt de garantie au maximum
Comptes approuvés depuisRégulariser et restituer le soldeDans le mois suivant l'approbation
Accord des partiesSolder immédiatement les comptesPossible à tout moment
Aucun relevé de compteur exploitableRien : la régularisation ne peut pas être arrêtéeLe délai de l'article 22 court malgré tout
Retenue au-delà de 20 % sans justificationRienMajoration de 10 % du loyer par mois de retard
Arriéré de charges découvert plus tardRéclamer dans les trois ansAu-delà, la créance est prescrite

Questions fréquentes

Le bail peut-il prévoir la récupération d'autres charges ?

Non. La liste du décret n° 87-713 est limitative : une dépense qui n'y figure pas n'est pas récupérable, et une clause du bail qui le prévoirait est réputée non écrite. Le locataire peut en demander le remboursement pendant trois ans.

Les honoraires de syndic sont-ils récupérables ?

Non, jamais, en totalité. C'est l'un des postes qui, repris tel quel d'un appel de charges de copropriété, crée le plus d'irrégularités dans un décompte locatif.

Quelle part du salaire du gardien peut-on récupérer ?

75 % lorsque l'employé assure cumulativement l'entretien des parties communes et l'élimination des déchets, 40 % lorsqu'il n'assure que l'une des deux, et rien s'il n'assure ni l'une ni l'autre. L'erreur classique est de reprendre un pourcentage devenu faux après une réorganisation du service.

Quels justificatifs le bailleur doit-il fournir ?

Un décompte par nature de charges communiqué un mois avant la régularisation, le mode de répartition entre locataires en immeuble collectif, et les pièces justificatives tenues à disposition pendant six mois à compter de l'envoi du décompte.

Pendant combien de temps une régularisation peut-elle être contestée ?

Trois ans. C'est aussi le délai dont dispose le bailleur pour réclamer un arriéré de charges : au-delà, sa créance est prescrite. Une pratique irrégulière reste donc ouverte longtemps après le départ du locataire.

Le bailleur peut-il garder le dépôt en attendant l'arrêté des comptes ?

Pas en totalité. Il peut conserver une provision qui ne peut excéder 20 % du dépôt, dûment justifiée, sur la base d'un arrêté provisoire, et il la solde dans le mois suivant l'approbation définitive des comptes. Le reste doit être restitué dans le délai normal d'un ou deux mois.

Sources

Contenu vérifié en 2026-09. Cette page présente le cadre applicable et ne constitue pas un conseil juridique individualise.

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